Quand une prothèse fait mal sans raison apparente

L’infection touche moins de 1 à 2 % des prothèses de hanche et de genou. Elle est rare, mais c’est l’une des complications les plus sérieuses de la chirurgie orthopédique. Bien diagnostiquée et bien traitée, elle se guérit dans la grande majorité des cas. Membre de l’International Consensus Meeting sur les infections ostéo-articulaires, le Dr Kallel a participé à l’élaboration des ouvrages qui fixent aujourd’hui, dans le monde entier, les règles de diagnostic et de traitement de ces infections.

Les signes qui doivent alerter

  • Une douleur qui persiste ou réapparaît après une période sans douleur, parfois le seul signe.

  • Une cicatrice qui reste rouge, chaude ou qui coule.

  • De la fièvre ou un gonflement inhabituel de l’articulation.

  • Un descellement précoce de la prothèse sur les radiographies. Une infection peut survenir dans les semaines qui suivent l’opération, mais aussi des années plus tard, à partir d’une infection à distance (dentaire, urinaire ou cutanée).

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Un diagnostic rigoureux, selon les critères internationaux Une prothèse douloureuse n’est pas toujours infectée, et une infection discrète peut se cacher derrière une simple douleur. Le diagnostic repose sur les critères de l’International Consensus Meeting, appliqués de façon systématique :

  • Un bilan sanguin à la recherche de marqueurs d’inflammation.

  • Une ponction de l’articulation, pour analyser le liquide et identifier le germe.

  • Des prélèvements multiples pendant l’intervention, analysés au laboratoire. Identifier le germe avant d’opérer permet de choisir la bonne stratégie et les bons antibiotiques.

Les traitements : chaque situation a sa stratégie

SituationTraitementPrincipe
Infection récente (premières semaines, ou apparition brutale)

Lavage chirurgical avec changement des pièces mobiles

La prothèse est conservée si elle est bien fixée

Infection ancienne, germe connu et sensible

Changement de prothèse en un temps

La prothèse infectée est retirée et une nouvelle posée dans la même intervention

Infection ancienne, complexe ou germe difficile

Changement de prothèse en deux temps

Retrait de la prothèse, mise en place d’un espaceur aux antibiotiques, puis nouvelle prothèse quelques semaines plus tard

Dans tous les cas, la chirurgie est associée à un traitement antibiotique de plusieurs semaines, adapté au germe.

Un travail d’équipe Le traitement est décidé et suivi avec un médecin infectiologue et un microbiologiste. Cette collaboration est recommandée par toutes les sociétés savantes internationales : elle améliore nettement les chances de guérison.

Prévenir plutôt que guérir Avant chaque prothèse, le Dr Kallel fait rechercher systématiquement tout foyer infectieux : dents, urines, peau. Après la pose, toute infection à distance doit être traitée rapidement, et votre dentiste doit savoir que vous portez une prothèse.

Votre prothèse vous fait toujours mal ? Une prothèse douloureuse mérite toujours une enquête complète. Vous pouvez envoyer votre dossier (comptes rendus, radiographies, bilans) pour un deuxième avis.

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