L’« oignon » n’est pas qu’une question de chaussures
L’hallux valgus, appelé « oignon » (bunion en anglais), est une déformation du gros orteil, qui dévie vers les autres orteils. À la base du gros orteil apparaît une bosse, qui frotte contre la chaussure et devient douloureuse. Il peut survenir à tout âge, est plus fréquent chez la femme et existe parfois sous forme familiale. Lorsqu’il apparaît très jeune, on parle de forme juvénile.
Ce qui se passe dans le pied La déformation est d’abord osseuse. Le premier métatarsien s’écarte vers l’intérieur et forme la bosse sous la peau. Dans le même temps, le gros orteil se rabat vers les orteils voisins et les comprime.

Plusieurs facteurs favorisent son apparition ou son aggravation :
une prédisposition familiale ;
un pied plat ;
les chaussures étroites, à bout pointu ou à talons hauts ;
le surpoids ;
la ménopause, qui peut diminuer le tonus des ligaments et des muscles.
Une déformation qui s’aggrave avec le temps Sans traitement adapté, l’hallux valgus évolue par poussées douloureuses :
La bursite : la bosse s’enflamme sous le frottement, devient rouge, gonflée et douloureuse. Se chausser devient très difficile.
Les griffes d’orteils : comprimés par le gros orteil, les orteils voisins se recroquevillent et des cors apparaissent.
Les métatarsalgies : des douleurs s’installent sous l’avant-pied, qui supporte mal les nouvelles contraintes.
L’arthrose : à long terme, l’articulation du gros orteil s’use.
Le diagnostic Le diagnostic est clinique. Des radiographies du pied en charge mesurent ensuite les angles de la déformation et recherchent une arthrose ou des lésions associées. Ce bilan détermine la technique la mieux adaptée.
Soulager sans opérer Chez l’enfant et l’adolescent, avant la fin de la croissance, le traitement non chirurgical peut être efficace. Traiter un pied plat à cet âge limite l’évolution de l’hallux valgus. Chez l’adulte, ces traitements soulagent la douleur mais ne corrigent pas la déformation et n’en ralentissent pas l’évolution : chaussures larges, semelles, écarteurs d’orteils, protections cutanées, anti-inflammatoires locaux.

Les complications possibles Les complications sont peu fréquentes et ne conduisent qu’exceptionnellement à une nouvelle intervention. Les connaître permet de mieux les appréhender si elles surviennent.
L’œdème : il est constant et normal pendant les six semaines suivant l’opération. Il peut persister plus longtemps et justifier des massages drainants.
La raideur du gros orteil : normale les premiers mois, elle peut se prolonger. La kinésithérapie, voire une ou deux infiltrations, permettent de la traiter.
Les troubles de la sensibilité du gros orteil : rares, souvent liés à l’œdème, ils récupèrent progressivement en quelques semaines.
L’infection : très rare. Elle nécessite des antibiotiques et parfois un nettoyage chirurgical.
L’algodystrophie : ce syndrome associant douleur, raideur et décalcification peut suivre toute chirurgie de l’avant-pied. Il se traite par la rééducation et un traitement médical spécifique, et peut demander plusieurs mois.
Votre pied mérite une solution sur mesure Chaque hallux valgus est différent. Une consultation permet d’analyser votre déformation et de vous proposer la solution adaptée à votre cas.

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