Le genou qui lâche : comprendre avant de reconstruire
Le ligament croisé antérieur (LCA) stabilise le genou lors des changements de direction, des réceptions de saut et des pivots. Sa rupture est l’une des blessures les plus fréquentes du sportif, en particulier au football, au handball, au basket et au ski.
Comment se produit la rupture ? Le plus souvent sans contact : un pied bloqué au sol pendant que le corps tourne, ou une mauvaise réception de saut. Le blessé entend souvent un craquement, ressent une douleur vive et voit son genou gonfler dans les heures qui suivent.

Les signes qui doivent alerter
Un craquement au moment de l’accident.
Un gonflement rapide du genou.
Une sensation de dérobement : le genou « lâche » lors d’un pivot ou d’un changement de direction.
Le diagnostic L’examen clinique recherche une laxité anormale du genou, notamment par le test de Lachman. L’IRM, réalisable rapidement, souvent dans les 24 heures, confirme la rupture et, surtout, recherche les lésions associées : ménisques, cartilage, autres ligaments. Ces lésions associées pèsent lourdement dans la décision.
Faut-il toujours opérer ? Non. La décision dépend de votre âge, de votre sport et de la stabilité de votre genou.
La reconstruction est conseillée chez le sportif pratiquant un sport de pivot, en cas de dérobements répétés ou de lésion méniscale réparable associée. Un genou instable abîme progressivement les ménisques et le cartilage.
Un traitement par rééducation seule peut suffire chez un patient peu sportif, sans dérobement, qui accepte d’adapter ses activités.

La reconstruction sous arthroscopie Le ligament rompu ne cicatrise pas : il est remplacé par une greffe prélevée sur vos propres tendons (tendons de la face interne de la cuisse, tendon rotulien ou tendon quadricipital). Le choix dépend de votre sport, de votre âge et de votre morphologie. L’intervention se fait sous arthroscopie, par de petites incisions. Chez les sportifs à haut risque de récidive (jeunes, sports de pivot, genou très laxe), une plastie antérolatérale associée renforce le contrôle de la rotation. Les études récentes montrent qu’elle diminue nettement le risque de nouvelle rupture.
Préparer le genou avant l’opération Opérer un genou encore gonflé et raide expose à la raideur. Avant l’intervention, quelques semaines de rééducation permettent de retrouver une extension complète, une bonne flexion et un muscle de la cuisse actif. C’est la condition d’une récupération rapide.
Après l’intervention L’appui est autorisé immédiatement, avec des cannes pendant les premières semaines. La rééducation commence dès les premiers jours et se poursuit plusieurs mois. L’hospitalisation est courte : une journée.
| Moment | Ce que vous pouvez faire |
| Premiers jours | Marche avec appui et cannes, récupération de l’extension |
| 3 à 4 semaines | Abandon des cannes, marche normale |
| 6 semaines | Vélo, natation en battements simples |
| 3 à 4 mois | Reprise de la course en ligne droite |
| 6 mois | Sports sans pivot, travail spécifique du sport |
| 9 mois et plus | Retour aux sports de pivot, après validation par des tests |
Ces délais sont indicatifs.
Le retour au sport ne se décide pas au calendrier Reprendre trop tôt est la première cause de nouvelle rupture. Le retour aux sports de pivot n’est autorisé qu’après des tests objectifs : force musculaire comparée à l’autre jambe, tests de saut, stabilité et confiance retrouvée. Les études montrent que chaque mois d’attente jusqu’au neuvième mois réduit le risque de récidive.
Les complications possibles
La raideur du genou, prévenue par la préparation et la rééducation précoce.
Une nouvelle rupture, liée surtout à un retour au sport trop précoce.
Une douleur sur le site de prélèvement, le plus souvent transitoire.
L’infection et la phlébite, rares.
Votre genou a lâché ? Une consultation permet de faire le bilan complet de votre genou et de décider ensemble du traitement adapté à votre sport et à vos objectifs.

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