Marcher dès le soir de l’opération
Grâce aux protocoles de récupération améliorée, les patients font leurs premiers pas le soir même de l’intervention, ou au plus tard le lendemain matin selon leur état et leur forme, accompagnés du kinésithérapeute. Le genou peut porter tout le poids du corps immédiatement. C’est le premier pas d’une récupération préparée bien avant l’opération.

Quand faut-il envisager une prothèse ? L’arthrose du genou use progressivement le cartilage, jusqu’au contact os contre os. La prothèse est proposée lorsque trois conditions sont réunies :
une douleur qui limite la vie quotidienne : marche, escaliers, sommeil ;
l’échec d’un traitement médical bien conduit : perte de poids, kinésithérapie, antalgiques, infiltrations ;
une arthrose confirmée sur les radiographies en charge.

Ce n’est pas l’âge qui décide, mais la gêne et l’état de l’articulation.
Prothèse totale ou partielle ?
La prothèse totale remplace l’ensemble des surfaces articulaires du genou. Lorsque l’usure ne touche qu’un seul compartiment et que les ligaments sont intacts, une prothèse partielle (unicompartimentale) suffit : elle conserve davantage le genou naturel et la récupération est encore plus rapide, au point de permettre parfois une prise en charge en ambulatoire. Le bilan préopératoire permet de choisir.
Votre parcours, étape par étape
1. La consultation et le bilan L’examen clinique évalue la douleur, la mobilité, la stabilité et l’axe de la jambe. Des radiographies en charge, complétées si besoin d’une radiographie des membres inférieurs en entier, permettent de planifier la prothèse : taille des implants, correction de l’axe, équilibre des ligaments.
2. La préparation : la clé d’une récupération rapide Une bonne prothèse se prépare plusieurs semaines à l’avance :
Consultation d’anesthésie et bilan sanguin.
Recherche systématique de tout foyer infectieux : dents, urines, peau. Une infection à distance peut contaminer la prothèse. Ce dépistage, issu des recommandations de l’International Consensus Meeting, est appliqué à chaque patient.
Optimisation de votre santé : équilibre du diabète, correction d’une anémie, arrêt du tabac.
Préparation physique : exercices de renforcement des muscles de la cuisse et apprentissage de la marche avec cannes.
3. Le jour de l’intervention L’anesthésie est le plus souvent rachidienne (seule la partie basse du corps est endormie), associée à une analgésie locale autour du genou. Cette combinaison limite fortement la douleur des premières heures et permet un lever rapide. L’intervention elle-même dure en général de 60 à 90 minutes, selon la complexité du cas. Attention : cette durée correspond au seul temps de la chirurgie, sans l’installation, l’anesthésie ni le réveil.
Pour vos proches qui attendent en chambre Entre votre départ de la chambre et votre retour, comptez 4 à 6 heures. Ce temps comprend l’accueil au bloc, l’installation et l’anesthésie, l’intervention, puis la surveillance en salle de réveil jusqu’à ce que tout soit parfaitement stable. Une attente de plusieurs heures est donc normale et ne signifie pas qu’un problème est survenu.
4. Le premier lever : le soir même, au plus tard le lendemain matin Le kinésithérapeute vous aide à vous lever le soir même ou, au plus tard, le lendemain matin, selon votre état et votre forme. Vous marchez avec un déambulateur ou des cannes. L’appui complet sur la jambe opérée est autorisé dès ce premier lever. Ce lever précoce n’est pas un exploit : c’est un traitement. Il réduit le risque de phlébite, d’encombrement pulmonaire et de raideur, et accélère le retour à l’autonomie.

5. Les jours à la clinique Chaque jour, le kinésithérapeute travaille la flexion du genou, la marche et la montée des escaliers. Le séjour dure généralement deux à trois jours. Pour un patient jeune et en bonne forme, en particulier après une prothèse partielle unicompartimentale, l’intervention peut exceptionnellement se faire en ambulatoire, avec un retour à domicile le jour même. Vous rentrez chez vous lorsque vous marchez en sécurité avec vos cannes et montez quelques marches.
6. Le retour à domicile et la rééducation
La rééducation se poursuit avec un kinésithérapeute, à domicile ou en cabinet. Un traitement préventif de la phlébite est prescrit pendant quelques semaines. Le glaçage régulier réduit le gonflement, qui est normal pendant plusieurs semaines.
Le calendrier de la récupération
| Moment | Ce que vous pouvez faire |
| Soir de l’opération, au plus tard lendemain matin | Premier lever et premiers pas avec le kinésithérapeute, appui complet |
| 2 à 3 jours | Retour à domicile en marchant avec cannes |
| 3 à 6 semaines | Abandon progressif des cannes, marche autonome |
| Environ 6 semaines | Reprise de la conduite automobile, selon la jambe opérée et l’avis du chirurgien |
| 2 à 3 mois | Reprise de la plupart des activités quotidiennes, vélo, natation |
| 6 à 12 mois | Résultat définitif : le genou continue de s’améliorer pendant toute la première année |
Ces délais sont indicatifs et varient selon chaque patient.
Les résultats à long terme La prothèse du genou est l’une des interventions les plus fiables de la chirurgie orthopédique. Selon les registres internationaux, plus de neuf prothèses sur dix fonctionnent encore quinze ans après leur pose. La grande majorité des patients retrouvent une marche sans douleur et reprennent des activités comme la marche, le vélo, la natation ou le golf.
Les complications possibles Elles sont rares mais doivent être connues :
La phlébite, prévenue par le lever précoce et le traitement anticoagulant.
La raideur du genou, combattue dès les premiers jours par la rééducation.
L’infection, inférieure à 1 à 2 % des cas, d’où le dépistage systématique avant l’intervention.
Une gêne ou une douleur résiduelle chez une minorité de patients, qui justifie un suivi attentif.
Votre genou vous empêche de vivre normalement ? Une consultation permet de faire le point sur votre arthrose et de savoir si une prothèse est la bonne solution pour vous, et à quel moment.

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