Une hanche neuve, sans couper un seul muscle
Le Dr Kallel réalise aujourd’hui la majorité de ses prothèses de hanche par voie antérieure. Cette voie passe entre les muscles au lieu de les sectionner. La récupération en est facilitée : premiers pas le soir même de l’intervention, ou au plus tard le lendemain matin selon votre état et votre forme, avec le kinésithérapeute et en appui complet.
Quand faut-il envisager une prothèse ?
La hanche s’use le plus souvent par arthrose. D’autres causes peuvent détruire l’articulation : ostéonécrose de la tête du fémur, dysplasie de hanche, séquelles de traumatisme ou fracture du col du fémur chez la personne âgée.

La prothèse est proposée lorsque trois conditions sont réunies :
- une douleur qui limite la vie quotidienne : marche, sommeil, gestes simples comme mettre ses chaussettes ;
- l’échec d’un traitement médical bien conduit : antalgiques, kinésithérapie, perte de poids, infiltration ;
- une atteinte confirmée sur les radiographies du bassin et de la hanche.
La voie antérieure : passer entre les muscles
Pour placer une prothèse, le chirurgien doit atteindre l’articulation. Les voies classiques, par l’arrière ou par le côté de la hanche, nécessitent de détacher des muscles ou des tendons, puis de les réparer.
La voie antérieure passe par l’avant de la hanche, dans un espace naturel entre les muscles. Aucun muscle n’est coupé. C’est une approche plus anatomique, qui respecte les structures qui stabilisent et font bouger la hanche.
- Une récupération plus rapide : moins de douleur les premiers jours, abandon plus précoce des cannes.
- Une hanche plus stable : le risque de luxation est faible, car les muscles et la capsule arrière sont préservés.
- Moins de précautions au quotidien : les restrictions de mouvement après l’opération sont limitées.
- Un contrôle précis : le patient est opéré sur le dos, ce qui permet de vérifier la position des implants et la longueur des jambes pendant l’intervention.

Cette voie ne convient pas à toutes les situations. Pour certaines morphologies, déformations complexes ou reprises de prothèse, une autre voie est plus sûre. Le choix est fait au cas par cas, lors du bilan.
[Photo : radiographie du bassin avec prothèse totale de hanche]
Votre parcours, étape par étape
1. La consultation et le bilan
L’examen clinique évalue la douleur, la mobilité, la boiterie et la longueur des jambes. Des radiographies du bassin et de la hanche permettent de planifier l’intervention : taille des implants, centre de rotation de la hanche, longueur de la jambe et position des pièces.
2. La préparation : la clé d’une récupération rapide
- Consultation d’anesthésie et bilan sanguin.
- Recherche systématique de tout foyer infectieux : dents, urines, peau. Ce dépistage, issu des recommandations de l’International Consensus Meeting, est appliqué à chaque patient.
- Optimisation de votre santé : équilibre du diabète, correction d’une anémie, arrêt du tabac.
- Préparation physique : exercices de renforcement et apprentissage de la marche avec cannes.
3. Le jour de l’intervention
L’anesthésie est le plus souvent rachidienne (seule la partie basse du corps est endormie). L’intervention elle-même dure en général de 60 à 90 minutes, selon la complexité du cas. Attention : cette durée correspond au seul temps de la chirurgie, sans l’installation, l’anesthésie ni le réveil.
Pour vos proches qui attendent en chambre
Entre votre départ de la chambre et votre retour, comptez 4 à 6 heures. Ce temps comprend l’accueil au bloc, l’installation et l’anesthésie, l’intervention, puis la surveillance en salle de réveil jusqu’à ce que tout soit parfaitement stable. Une attente de plusieurs heures est donc normale et ne signifie pas qu’un problème est survenu.
4. Le premier lever : le soir même, au plus tard le lendemain matin
Le kinésithérapeute vous aide à vous lever le soir même ou, au plus tard, le lendemain matin, selon votre état et votre forme. Vous marchez avec un déambulateur ou des cannes, en appui complet sur la jambe opérée.
Ce lever précoce est un traitement à part entière. Il réduit le risque de phlébite et d’encombrement pulmonaire, et accélère le retour à l’autonomie.
5. Les jours à la clinique
Chaque jour, le kinésithérapeute travaille la marche, l’assise, le lever du lit et la montée des escaliers. Le séjour dure généralement deux à trois jours. Pour un patient jeune, en bonne forme et coopérant, l’intervention peut exceptionnellement se faire en ambulatoire, avec un retour à domicile le jour même.
6. Le retour à domicile et la rééducation
La rééducation se poursuit à domicile ou en cabinet, souvent de façon plus légère que pour le genou : la marche reste le meilleur exercice. Un traitement préventif de la phlébite est prescrit pendant quelques semaines.
Le calendrier de la récupération
Moment | Ce que vous pouvez faire |
|---|---|
Soir de l’opération, au plus tard lendemain matin | Premier lever et premiers pas avec le kinésithérapeute, appui complet |
2 à 3 jours | Retour à domicile en marchant avec cannes |
1 à 4 semaines | Abandon progressif des cannes dès la première semaine, jusqu’à 4 semaines selon l’âge et la forme physique |
4 à 6 semaines | Reprise de la conduite automobile, selon l’avis du chirurgien |
6 semaines à 3 mois | Reprise de la plupart des activités, vélo, natation, travail de bureau |
3 à 6 mois | Résultat définitif, reprise des sports doux comme la randonnée ou le golf |
Ces délais sont indicatifs et varient selon chaque patient.
Les résultats à long terme
La prothèse totale de hanche est souvent citée comme l’une des interventions les plus réussies de la médecine moderne. Selon les registres internationaux, plus de neuf prothèses sur dix fonctionnent encore quinze à vingt ans après leur pose. La très grande majorité des patients oublient leur hanche au quotidien.
Les études montrent que la voie antérieure accélère surtout la récupération des premières semaines. À long terme, la qualité du résultat dépend avant tout du bon positionnement des implants.
Les complications possibles
Elles sont rares mais doivent être connues :
- L’engourdissement de la face avant de la cuisse : propre à la voie antérieure, il est dû à l’irritation d’un petit nerf de la sensibilité de la peau. Il est sans conséquence sur la force et régresse le plus souvent en quelques mois.
- La luxation, devenue rare avec la voie antérieure.
- Une différence de longueur des jambes, limitée par la planification et le contrôle pendant l’intervention.
- La phlébite, prévenue par le lever précoce et le traitement anticoagulant.
- L’infection, inférieure à 1 % des cas, d’où le dépistage systématique avant l’intervention.
- La fracture autour de l’implant, exceptionnelle.
Votre hanche vous fait boiter ou vous empêche de dormir ?
Une consultation permet de faire le point sur votre hanche, de savoir si une prothèse est indiquée, et si la voie antérieure convient à votre cas.

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